Union Locale CGT Paris 11

Article extrait du "Travailleur parisien" n°1188 (oct-nov 2013) vendredi 6 décembre 2013

D 26 avril 2015     H 00:05     A ulcgtparis11     RSS 2.0    


Ne pas se laisser sous-traiter !

En octobre 2012, des salarié-e-s du groupe de nettoyage TFN-Atalian, en poste sur un site des Finances Publiques du 8ème arrondissement de Paris, se mettaient en grève pour défendre leurs droits. Ils tenaient un rassemblement devant le centre et recueillaient le soutien d’employés des impôts mais aussi de salarié-e-s du nettoyage d’autres sites, de militants syndicaux des finances, de l’UD CGT Paris, des UL du quartier et de militants politiques. Après plus d’une semaine de grève, ils obtenaient satisfaction sur la plupart de leurs revendications et imposaient le respect.

Le respect c’est d’abord celui dû aux salariés qui exercent une activité professionnelle essentielle et pourtant peu valorisée. Du lundi au vendredi, les équipes du nettoyage interviennent à partir de 17 heures dans des bureaux qui se vident et ne font le plus souvent que croiser les autres salarié-e-s du site. Difficile dans ces conditions d’échanger et d’expliquer que l’emplacement d’une corbeille à papier a son importance, qu’un encombrement de bureau peut retarder les opérations ou que l’on peut s’organiser pour ne pas piétiner un sol qui vient d’être rincé… La grève a d’abord permis de rompre cet isolement et de se faire entendre des usagers.

Au-delà, cette action a mis en lumière les conditions de la sous-traitance du marché du nettoyage à grande échelle. Car sous l’effet conjugué de la crise, de la concurrence et de la baisse des dépenses de fonctionnement, les donneurs d’ordre imposent des réductions de prix dont la conséquence directe est la diminution des effectifs et du nombre d’heures attribués à chaque site. La dégradation des conditions de travail découle en grande partie de ces restrictions. Aussi les revendications des salarié-e-s portent-elles d’abord sur le nombre d’heures (entre 2h30 et 3h00 par jour payées 9,41€ chacune), l’embauche des CDD en CDI, le paiement d’heures supplémentaires, la reconnaissance de la qualification d’une chef d’équipe, le remboursement des frais de transport (pass navigo) ou la fourniture d’une tenue de ménage et d’une trousse de secours.

Mais la lutte ne se limite pas au domaine des difficultés matérielles. Dans le mouvement de la rue de Londres, comme dans celui intervenu 1 an plus tôt dans le 11ème arrondissement, c’est le respect dû aux personnes qui est à l’origine de la mobilisation. Comment accepter les propos méprisants d’un cadre de l’entreprise ? Comment accepter qu’un employeur veuille renvoyer un-e salarié-e sans autre formalité qu’un expéditif « ne revenez pas demain » ? Comment supporter le mépris flagrant des règles élémentaires du droit du travail, le non paiement des heures supplémentaires, la pénurie de matériel ou l’absence de remboursement des frais de transport ? Comment accepter qu’un directeur ne réponde pas au courrier collectif des salariés et leur raccroche au nez. Cette attitude sera d’ailleurs à l’origine du déclenchement de la grève. Car au travers des conditions de travail, ce sont bien les salarié-e-s eux même que l’on méprise ! Et c’est ce manque de considération qui est à l’origine de la lutte.

La réussite de la grève d’octobre 2012 est bien entendu liée à la légitimité des revendications et à la détermination des salarié-e-s. Mais elle résulte aussi d’une action interprofessionnelle qui a su briser l’écran de la sous-traitance que le donneur d’ordre utilise habituellement pour se libérer de toute responsabilité, isoler les salarié-e-s et leur imposer des conditions de travail dégradées. C’est tous ensemble, avec le soutien d’autres salarié-e-s, de militants syndicaux et politiques qu’ils ont gagné.

Articles de l’UD CGT 75 sur le même sujet :

- Rassemblement de solidarité avec les grévistes du nettoyage de TFN
- Rassemblement de solidarité
- Protocole de fin de conflit

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