Union Locale CGT Paris 11

Tract CGT HPE

D 3 avril 2016     H 20:20     A ulcgtparis11     RSS 2.0    


Louvre Hôtels group et JIN JIANG INTERNATIONAL inventent le bénévolat pour tenter de briser les grèves

Mais, rien n’entame la détermination des salariés du Campanile Tour Eiffel en grève illimitée depuis le 18 mars Depuis le 18 mars 2016 à 9h, les salariés du Campanile Tour Eiffel, filiale à 100% du groupe Louvre Hôtels détenu par le groupe hôtelier chinois JIN JIANG INTERNATIONAL, sont en grève illimitée.

Leurs revendications portent sur les salaires, les conditions de travail, le respect de l’égalité de traitement entre salariés de l’hôtel et salariés du sous-traitant et l’intégration des femmes de chambre du sous-traitant dans le personnel du Campanile.

Pour toute réponse, alors que 13 salariés sur les 14 employés dans l’hôtel sont en grève, Louvre hôtels Group tente de briser le mouvement de grève.

Et là, … le patron innove !!

Pour remplacer les grévistes, le groupe fait appel à des cadres du siège et à des directeurs d’autres hôtels qui viennent par roulement au Campanile Tour Eiffel accomplir les tâches du personnel d’accueil, …

Si un employeur peut utiliser des salariés en CDI d’un autre site pour remplacer des salariés grévistes (ce qui, déjà, en soi, est un scandale permis pourtant par le code du travail … !), la manière dont procède Louvre Hôtels Group est, non seulement, honteuse, mais, en plus, elle est illégale, absolument illégale.

En effet, pour ne pas appliquer aux salariés des hôtels, les mêmes statuts que celui (un peu plus avantageux) appliqué aux salariés du siège à la Défense, le groupe a créé une entreprise par hôtel : cela interdit, légalement, aux directeurs des autres hôtels et aux cadres du siège de venir remplacer les grévistes du Campanile Tour Eiffel.

Et, c’est là où Louvre Hôtels Group croit avoir une idée géniale : créer au sein de la multinationale une brigade philanthropique de salariés bénévoles !

Des personnes tellement soucieuses du devenir des hôtels du groupe, qu’elles viennent spontanément (si, si, on vous le dit : « spontanément », personne ne les a obligées) et gratuitement (oui, oui, on vous l’assure : « elles sont bénévoles » !) tenir la boutique pendant que les grévistes occupent, eux, la salle du petit déjeuner.

Pour ces bénévoles de La Cause du Grand Patronat : pas de Code du Travail (vu qu’ils ne sont pas là en tant que salariés, mais en tant que … soutien solidaire au patron ?), pas de durées maximales du travail à respecter (vu qu’ils ne travaillent pas, ils occupent leur temps libre en actions bénévoles), pas d’heures supplémentaires à payer (vu qu’ils sont là gratuitement).

Etonnant, non ? Le salariat bénévole : encore mieux que le projet de loi El Khomri !

Enfin, … comme le bénévolat a ses limites (les bénévoles ne sont pas volontaires pour venir remplacer les grévistes la nuit) Louvre Hôtels Group et Jin Jiang international ont fait appel à une société de sécurité pour remplacer les veilleurs de nuit en grève.

C’est strictement interdit, depuis 1983, par l’article L 612-4 du Code de sécurité intérieure et c’est susceptible d’être puni de 3 ans d’emprisonnement et de 45 000 € d’amende (article L614 -1 du CSI).

Mais … en période d’état d’urgence, qui sait si … ??

Alors le patronat tente le coup !

RESTE-T-IL UN ETAT DE DROIT EN FRANCE ?

Sérieusement, il faut arrêter le délire ! Le syndicat CGT-HPE a porté plainte pour prêt de main d’oeuvre illicite et travail dissimulé, il a saisi l’inspection du travail.

Il est inacceptable que les groupes Louvre Hôtels et JIN JIANG INTERNATIONAL s’autorisent à violer aussi ouvertement le droit de grève.

Certes, la soumission du gouvernement HOLLANDE-BERGER aux diktats du Médef leur donne des ailes, mais quand même … !

Quand l’innovation gouvernementale et l’innovation patronale sont main dans la main
A-t-on jamais vu qu’on puisse créer des emplois en facilitant les licenciements ?

en reculant l’âge de départ en retraite ? En faisant travailler les « CDI » jusqu’à 60h par semaine ? En étendant le forfait jour à tous les salariés ? En … ? ….

Les grévistes du Campanile Tour Eiffel, ensemble, qu’ils soient employés directement par l’hôtel ou par le sous-traitant, inscrivent leur lutte contre la direction du Campanile Tour Eiffel dans le grand mouvement social qui exige le retrait du projet de Loi El Khomri.

Ils prendront une part active à la nouvelle journée nationale d’action du 5 avril et
vous donnent rendez-vous pour une nouvelle action festive et combative : mardi 5 avril à 12h devant le Campanile La Villette

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