Union Locale CGT Paris 11

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D 11 juillet 2015     H 12:50     A ulcgtparis11     RSS 2.0    


Bison futé sur trois pattes

BISON FUTÉ SUR TROIS PATTES

Entre réforme territoriale, austérité budgétaire, redéploiement et restructuration, les pouvoirs publics ont engagé le système de l’information routière dans une mutation qui risque de lui faire perdre de sa pertinence et d’ouvrir le marché à des concurrents privés.

Fin janvier, par une circulaire, le ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie également chargé des Transports, de la Mer et de la Pêche a entamé une réorganisation de l’information routière et décidé de la fermeture des divisions transport du Centre national d’information routière (CNIR) et des 7 centres régionaux d’information et de coordination routière (CRICR).

Ce sont les organismes interministériels qui font intervenir le ministère de l’Intérieur, le ministère de la Défense et le ministère de l’Écologie. Cette réorganisation s’accompagne du retrait du ministère de l’Intérieur de ses missions de police et de gendarmerie au sein du CNIR et des 7 CRICR pour se concentrer sur la seule gestion des crises telles que les épisodes neigeux avec leur cortège de naufragés de la route.

RESTRUCTURATION SOUS CONTRAINTES BUDGÉTAIRES

Derrière cette partie de Monopoly administratif, c’est bien une vaste opération comptable qui s’opère sous fortes contraintes budgétaires. Les impacts sociaux sont certes limités aux 58 agents qui exercent au CNIR (20 personnes) et dans les 7 CRICR (38 agents), mais ils risquent d’être beaucoup plus graves en matière de qualité de service rendu.

Ces 58 agents sont spécialisés et formés aux outils pointus de la gestion du trafic, les interfaces entre les PC routiers, les centres de gestion des trafics, les sociétés concessionnaires des autoroutes et l’application TIPI qui gère la base des données nationales des événements routiers. Pour la fédération CGT, cette restructuration sous contrainte budgétaire est un « contresens alors même que les réponses aux besoins du service public ne sont pas correctement apportées ».

On a encore pu le déplorer cet hiver, avec la migration des vacanciers vers les stations de ski qui a engendré une crise routière sévère dans laquelle la responsabilité de l’État et des sociétés concessionnaires d’autoroute n’a fait aucun doute.

EN CAS DE CRISE, IL FAUT UNE INFORMATION DE QUALITÉ

Ce qui est en jeu dans cette affaire, c’est bel et bien la qualité de l’information routière, tant au niveau de sa collecte, de son traitement que de sa diffusion aux usagers. Mais aussi, et surtout, en cas de crise ou de précrise, les pouvoirs publics (préfets) doivent disposer d’une information rapide et robuste pour prendre les bonnes décisions.

C’est pourquoi Gérard Le Briquer, secrétaire fédéral de la CGT équipement et environnement, estime que « Bison Futé a un genou à terre. Les évolutions technologiques – les systèmes embarqués, les applications, les réseaux sociaux – sont telles qu’elles devraient permettre certaines innovations pour le service public de l’information.

Nous sommes à un tournant : soit Bison Futé diffuse une information publique de qualité, reconnue par les usagers sur internet, soit on laisse les opérateurs concurrents tels Google,Tom Tom, Waze… qui se comporteront comme des prédateurs des données automatisées mal qualifiées ou peu pertinentes, faute d’experts connaisseurs de la route.

La réforme actuelle n’offre aucune sécurité et aucune visibilité sur la manière dont le ministère de l’Intérieur va gérer les situations de crise routière. Elle risque d’abaisser les niveaux de qualité et ne plus garantir l’égalité de traitement des usagers selon les gestionnaires des réseaux. Au contraire, l’État doit garder sa capacité de gouvernance (coordination et régulation) des gestionnaires de réseaux. Bison Futé ne peut être amputé de son levier d’expertise de l’information routière de l’État au titre d’une politique publique. »

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