Union Locale CGT Paris 11

Article de l’Humanité, THOMAS LEMAHIEU

D 29 avril 2015     H 21:04     A ulcgtparis11     RSS 2.0    


À la BNF ou aux finances publiques, les donneurs d’ordres sont ciblés

Employés par les entreprises sous-traitantes Onet ou TFN Propreté, les agents chargés de l’entretien et 
de la propreté dans des établissements publics, comme la BNF ou les centres des impôts, demandent, par 
la grève, à ces administrations d’arrêter de fermer les yeux sur leurs conditions de travail et leurs salaires.
Passées les bornes, seule la grève finit par fixer les limites dans le secteur du nettoyage : elle permet, en particulier, d’aller chercher les responsables derrière les écrans de la sous-traitance. À la Bibliothèque nationale de France (BNF), sur le site de Tolbiac, à Paris, les salariés d’Onet, l’entreprise sous-traitante chargée de l’entretien et de la propreté pour le compte de l’établissement public, ont, mercredi dernier, après treize jours de lutte, remporté une belle victoire. Après avoir dénoncé, notamment via une pétition, pendant des semaines, la surcharge de travail provoquée par une baisse drastique des effectifs, les agents du nettoyage ont décidé, avec le soutien du syndicat SUD, de cesser le travail pour faire pression sur leur employeur, le sous-traitant Onet, mais aussi sur le donneur d’ordres, la BNF. À l’issue du conflit, les grévistes ont, en particulier, obtenu d’Onet l’embauche en CDI de trois salariés en contrat précaire et un volume de 100 heures complémentaires à se répartir entre eux. Et côté BNF, la direction a entendu «  la question centrale de la rédaction d’une charte sociale avec son sous-traitant  », selon SUD.

Un secteur peuplé de travailleuses et de travailleurs ultraprécaires

Dans quatre centres des finances publiques de Paris, d’autres agents du nettoyage, des femmes dans leur écrasante majorité, sont en grève également, mais dans ce cas depuis sept semaines (lire aussi leurs témoignages dans l’Humanité Dimanche de cette semaine) ! Elles sont employées par TFN Propreté, une filiale de la multinationale Atalian qui a obtenu le marché dans le cadre d’un accord régional de prestations de nettoyage des locaux passé par le Service des achats de l’État (SAE) pour le compte de plusieurs administrations et ministères à Paris. Pour les 23 grévistes (sur une centaine de salariés sur les chantiers des centres de finances publiques de la capitale), il s’agit d’obtenir des contrats de travail de 16 heures minimum par semaine, le versement d’une prime de blanchisserie pour leurs vêtements, ainsi qu’une série de mesures prévues par le Code du travail mais pas strictement respectées, comme le remboursement forfaitaire des abonnements de transports publics ou un plan de formation en bonne et due forme avec, notamment, des cours d’alphabétisation et de français…

Au cœur de ces deux conflits emblématiques dans un secteur peuplé de travailleuses et de travailleurs ultraprécaires, avec des horaires de travail émiettés et des salaires de misère, il y a la question de la responsabilité sociale des donneurs d’ordres qui, cerise sur le gâteau, se trouvent, dans un cas comme dans l’autre, être publics ! Si, dans le cas de la grève chez Onet, le donneur d’ordres a pu être identifié assez vite et interpellé directement par les grévistes, l’affaire s’avère plus compliquée pour les salariés de TFN Propreté. «  Cela fait des semaines que les différentes administrations se renvoient la balle, témoigne Fabrice Egalis, élu CGT au CHSCT des finances publiques à Paris qui accompagne les grévistes du nettoyage dans leur lutte. Les salariées ont vu le SAE il y a quelques semaines qui leur a dit de s’adresser à la direction régionale des finances publiques (DRFIP). Vendredi, à la fin de la sixième semaine de grève, le directeur à la DRFIP a fini par nous recevoir, mais alors que les gens comme ça n’aiment rien tant qu’afficher leur pouvoir d’habitude, là, il a voulu se montrer totalement démuni, renvoyant les grévistes vers la mission régionale achats de la préfecture d’Île-de-France !  »

Derrière les méandres administratifs qui servent également à décliner toute responsabilité, les grévistes qui s’apprêtent à faire le siège de la préfecture (1), ce lundi après-midi, attendent désormais des pouvoirs publics qu’ils fassent pression sur TFN Propreté. «  Préfet de région, SAE ou DRFIP, énumère le syndicaliste… Peu importe qui reste dissimulé pour le moment ! Le marché public donne la possibilité aux donneurs d’ordres de résilier l’accord-cadre aux torts du titulaire et sans indemnité s’il contrevient à la réglementation du travail. Or, avec les grévistes, nous avons mis en avant une série d’exemples concrets de non-respect du Code du travail. Ils ont le pouvoir de résilier le contrat, ils pourraient au moins menacer de le faire ! Il est vraiment temps d’entendre les revendications.  »

Apportez votre soutien financier aux grévistes, libellé à l’ordre de “cgt solidarité grévistes” , à envoyer à : CGT Finances publiques 75 au 6, rue St Hyacinthe 75042 Paris Cedex 01

LUNDI, 27 AVRIL, 2015 L’HUMANITÉ


Voir en ligne : sur le site de l’Huma

Rechercher